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Infogérance en France : pourquoi les PME externalisent

2 juillet 2026 7 min

En France, l’infogérance s’impose progressivement comme une réponse concrète aux enjeux des PME : manque de ressources internes, complexité croissante des environnements IT, exigences de cybersécurité et besoin de continuité de service. Si les statistiques publiques isolent rarement le seul segment de l’infogérance, plusieurs indicateurs convergent : montée du cloud, progression des services managés, hausse des dépenses de cybersécurité et recours accru à des partenaires externes pour piloter le système d’information.

Infogérance en France : un marché tiré par la transformation numérique

 

L’infogérance en France progresse dans le sillage d’un marché numérique toujours dynamique, même si la croissance s’est ralentie puis réorganisée. Numeum évaluait le marché numérique français à 69,4 milliards d’euros en 2024, avec une progression du cloud à 20,1 milliards d’euros (+27 %) et de la cybersécurité à 4,6 milliards d’euros (+11,9 %). Pour 2025, Numeum observe une croissance plus modérée du marché numérique (+2 %), avant une accélération attendue en 2026 à +4,3 %. Autrement dit : les entreprises arbitrent davantage leurs investissements, mais elles continuent de prioriser les briques IT critiques, notamment l’infrastructure, la sécurité, le cloud et les services managés.

Cette dynamique concerne directement les PME. En France, le tissu économique est composé de 5,2 millions d’entreprises marchandes non agricoles et non financières, dont l’écrasante majorité sont de petites structures. Cela signifie que la question de l’organisation de l’IT ne concerne pas seulement les grands groupes : elle touche un très grand nombre d’entreprises qui doivent arbitrer entre internalisation partielle, recrutement, accompagnement externe et infogérance.

 

Pourquoi l’infogérance en France séduit de plus en plus les PME

 

Le premier moteur est très concret : les PME veulent disposer d’un système d’information fiable sans devoir tout gérer seules. Le Baromètre France Num 2025 montre que 78 % des dirigeants de TPE-PME considèrent que le numérique apporte un bénéfice réel à leur entreprise, et 40 % estiment qu’il contribue à augmenter le chiffre d’affaires. Le même baromètre indique aussi que 78 % des TPE-PME jugent que le numérique facilite l’externalisation de certaines fonctions, comme la comptabilité, la paie ou la communication. Cette logique s’étend naturellement à l’IT, surtout lorsque l’environnement devient plus technique à administrer.

Deuxième raison : la montée en compétence interne ne suffit pas toujours. En 2025, 55 % des TPE-PME déclarent disposer de compétences numériques en interne, mais 37 % s’appuient aussi sur des compétences externes, et 37 % disent avoir des difficultés à trouver un prestataire numérique adapté. Ce paradoxe est révélateur : les entreprises ont bien compris l’importance du numérique, mais elles peinent encore à structurer le bon niveau d’accompagnement. L’infogérance en France répond précisément à ce besoin lorsqu’elle apporte un cadre clair, du support, de la supervision, de la maintenance et du pilotage.

Troisième facteur : la densification des usages. En 2025, 69 % des TPE-PME sont équipées d’un logiciel de facturation, 75 % exploitent leurs données pour piloter l’activité, et 26 % utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle. Plus les outils numériques deviennent critiques, plus les enjeux de disponibilité, de sauvegarde, de performance et d’interconnexion augmentent. Pour beaucoup de PME, l’externalisation de l’exploitation IT devient alors moins un confort qu’un levier d’organisation.

 

Chiffres clés : ce que disent les données sur l’IT des PME

 

Voici les indicateurs les plus utiles pour comprendre pourquoi l’infogérance en France gagne du terrain :

  • 78 % des dirigeants de TPE-PME estiment que le numérique apporte un bénéfice réel à leur entreprise
  • 40 % considèrent que le numérique contribue à augmenter leur chiffre d’affaires.
  • 36 % des TPE-PME déclarent avoir déjà été confrontées à un incident de cybersécurité
  • 52 % craignent la perte ou le piratage de leurs données
  • 84 % ont déjà déployé au moins une mesure de protection cyber
  • 16 % des entreprises de moins de 250 salariés interrogées par Cybermalveillance.gouv.fr déclarent avoir subi un ou plusieurs incidents sur les 12 derniers mois
  • 80 % reconnaissent ne pas être préparées aux attaques ou ne pas savoir si elles le sont
  • 39 % se tournent vers des prestataires informatiques pour s’informer ou se faire aider sur les sujets de cybersécurité

Pris ensemble, ces chiffres montrent une réalité simple : les PME ont besoin de sécuriser leurs opérations sans complexifier leur organisation interne. C’est exactement le terrain de l’infogérance.

 

Les tendances 2026 de l’infogérance en France

 

1. Une hausse continue des projets liés à la cybersécurité

En 2025, l’ANSSI a recensé 1 366 incidents et 3 586 événements de sécurité, preuve que la pression cyber reste élevée. L’agence souligne également la mise en œuvre progressive de NIS2, qui pousse déjà plusieurs milliers d’entités à renforcer leurs moyens de cyberdéfense. Pour les prestataires d’infogérance, cela signifie une attente plus forte en matière de supervision, gestion des correctifs, sauvegarde, PRA/PCA, contrôle des accès et accompagnement à la conformité.

 

2. Le cloud et les services managés deviennent la norme

Au niveau européen, 52,74 % des entreprises de 10 salariés ou plus utilisaient des services de cloud payants en 2025, contre 45,32 % en 2023 selon Eurostat. Parmi les entreprises utilisatrices du cloud, 65,49 % achetaient aussi des applications de sécurité dans le cloud. Cette progression nourrit mécaniquement la demande d’accompagnement : plus on multiplie les couches cloud, SaaS, postes, accès et flux, plus l’exploitation du SI demande une gestion continue et outillée.

 

3. Les budgets IT ciblent davantage l’efficacité opérationnelle

Pour 2026, Numeum prévoit une reprise plus nette, avec un retour à la croissance des ESN (+1,4 %) et une dynamique toujours forte des éditeurs et plateformes. Le message est clair : les entreprises ne cherchent plus seulement des projets de transformation spectaculaires, mais des partenaires capables d’industrialiser, fiabiliser et sécuriser leurs environnements. C’est un terrain favorable aux offres d’infogérance en France, en particulier pour les PME qui veulent déléguer l’exploitation quotidienne tout en gardant de la visibilité.

 

Quel est l’impact de la cybersécurité sur les prestations d’infogérance ?

 

Aujourd’hui, une prestation d’infogérance crédible ne peut plus se limiter au support et à la maintenance. En 2025, 84 % des TPE-PME avaient déjà mis en place au moins une mesure de cybersécurité, mais seulement 32 % avaient déployé l’authentification multifacteur, et 34 % formaient ou sensibilisaient leur personnel. Du côté du baromètre national de la maturité cyber, on apprend aussi que 58 % des TPE-PME ne sauraient toujours pas évaluer les conséquences d’une cyberattaque. Cela confirme que les entreprises n’attendent plus seulement une résolution d’incidents : elles attendent une capacité de prévention, de pédagogie et de pilotage.

En pratique, cela fait évoluer l’infogérance en France vers des services plus complets : supervision proactive, gestion des vulnérabilités, sécurisation des accès, sauvegardes externalisées, protection des postes, journalisation, contrôle des tiers et accompagnement réglementaire. L’infogérance rejoint ainsi les logiques de services managés et de cybersécurité opérationnelle, ce qui explique pourquoi les prestataires capables de combiner proximité, exploitation et sécurité prennent de la valeur sur le marché.

 

Les différentes étapes d’une prestation d’infogérance

 

Une prestation d’infogérance structurée suit généralement plusieurs étapes.

 

1. L’audit initial et le cadrage du périmètre

La première étape consiste à analyser l’existant : parc, serveurs, réseau, applications, usages métiers, politique de sauvegarde, sécurité, responsabilités internes et points de friction. Le cadrage doit éviter les “zones grises” entre l’entreprise et le prestataire. C’est un point clé rappelé dans les modèles d’articles TIMS sur l’infogérance.

 

2. La formalisation des engagements

Une infogérance efficace repose sur un périmètre clair, des niveaux de service définis, des rôles identifiés et une gouvernance documentée : SLA, responsabilités, processus d’escalade, comités de suivi, règles d’accès et documentation. Sans cela, l’externalisation devient vite opaque.

 

3. La mise en exploitation

Vient ensuite la reprise ou la mise en place du service : supervision, support utilisateurs, gestion des incidents, mises à jour, sauvegardes, correctifs, maintien en conditions opérationnelles, parfois sécurisation renforcée selon le périmètre. L’objectif n’est pas uniquement de “réparer”, mais de stabiliser le SI dans la durée.

 

4. Le pilotage et l’amélioration continue

Enfin, une infogérance mature intègre des indicateurs, du reporting, des points réguliers et une logique d’amélioration continue. C’est ce pilotage qui permet à l’entreprise de rester maître de son SI tout en s’appuyant sur un partenaire.

 

Quels sont les principaux acteurs de l’infogérance en France ?

 

Le marché français est porté par de grands acteurs des services numériques, mais aussi par un tissu d’acteurs spécialisés ou régionaux. D’après le classement 2025 des ESN & ICT en France publié par Numeum et KPMG, le marché est dominé par Capgemini, SCC France, Accenture, Sopra Steria et Orange Business. Ces groupes structurent une partie importante du paysage des services IT en France.

Pour les PME, toutefois, le choix ne se limite pas à la notoriété. Les grandes ESN répondent à des besoins complexes ou multisites, mais les entreprises de taille intermédiaire et les prestataires de proximité conservent un avantage décisif sur certains critères : relation client, réactivité, connaissance du contexte métier, accompagnement local, souplesse contractuelle et pédagogie.

C’est dans cette logique que s’inscrit TIMS : un acteur de proximité qui accompagne les PME et ETI dans la gestion, la sécurisation et l’évolution de leur système d’information. En infogérance, le bon partenaire n’est donc pas toujours le plus grand, mais celui qui comprend les enjeux métiers et propose un accompagnement adapté.

 

Comment choisir un prestataire d’infogérance ?

 

Pour une PME, choisir un prestataire d’infogérance revient d’abord à vérifier 6 points :

 

  1. Le périmètre couvert : postes, serveurs, réseau, cybersécurité, sauvegarde, cloud, support utilisateurs.
  2. La clarté contractuelle : SLA, responsabilités, horaires de service, délais de prise en charge, escalade.
  3. La documentation et la réversibilité : accès, procédures, inventaires, capacité à reprendre la main ou à changer de partenaire.
  4. Le niveau de pilotage : comité de suivi, reporting, indicateurs, visibilité sur les incidents et actions préventives.
  5. L’intégration de la cybersécurité : sauvegardes, MFA, PRA/PCA, supervision, gestion des vulnérabilités.
  6. La proximité opérationnelle : capacité à comprendre les contraintes métier et à accompagner les équipes sans jargon inutile.

C’est souvent sur ces éléments que se joue la différence entre une prestation purement technique et une vraie relation de partenaire IT.

 

Quels défis rencontrent les entreprises dans l’adoption de l’infogérance ?

 

Le premier défi est la peur de la dépendance. Si la documentation est incomplète ou les accès mal partagés, l’entreprise peut avoir le sentiment de perdre la main. Le deuxième est le manque de visibilité : sans reporting ni gouvernance, l’infogérance devient difficile à piloter. Le troisième est budgétaire : certaines PME savent qu’elles doivent se sécuriser, mais hésitent encore à investir faute de temps, de budget ou de projection claire sur le retour attendu. Ces freins sont cohérents avec les résultats de Cybermalveillance.gouv.fr, où 63 % des TPE-PME citent le manque de connaissances, 61 % les contraintes budgétaires et 59 % le manque de temps parmi les principaux obstacles à un niveau satisfaisant de sécurité informatique.

En réalité, ces freins plaident moins contre l’infogérance qu’en faveur d’une infogérance bien conçue : progressive, lisible, adaptée au niveau de maturité de l’entreprise et centrée sur les usages. C’est là qu’un accompagnement sur mesure fait la différence.

 

Vous souhaitez structurer une infogérance adaptée à votre entreprise ?
TIMS accompagne les PME et ETI avec une approche de proximité, pensée pour sécuriser, superviser et faire évoluer votre système d’information dans la durée.

FAQ – Infogérance en France

 

L’infogérance en France est-elle réservée aux grandes entreprises ?

Non. Les chiffres montrent que les PME sont elles aussi confrontées à la complexité croissante du numérique, à la cybersécurité et au manque de ressources internes. L’infogérance permet justement de leur donner accès à des compétences et à un pilotage structurés sans recruter toutes les expertises en interne.

 

Pourquoi les PME externalisent-elles leur IT ?

Elles le font principalement pour gagner en continuité de service, accéder à des compétences spécialisées, renforcer leur cybersécurité et mieux absorber la complexité liée au cloud, aux applications, aux accès et aux obligations réglementaires.

 

Quelle différence entre maintenance informatique et infogérance ?

La maintenance répond à un besoin ponctuel ou récurrent de correction et d’entretien. L’infogérance va plus loin : elle organise dans la durée la supervision, le support, le maintien en conditions opérationnelles, la sécurité et le pilotage du SI.

 

Comment éviter une dépendance excessive au prestataire ?

En exigeant une documentation complète, un partage des accès, une gouvernance claire, des indicateurs de suivi et des clauses de réversibilité. Une bonne infogérance doit renforcer la maîtrise du SI, pas la réduire.

 

Sources :

 

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